Perspectives

Perspectives

Régionalisation

À côté de Fribourg, de nouveaux pôles du Syndicat se sont formés dans les régions de Tübingen, Leipzig, Dresde, Hambourg, Berlin/Brandebourg et Francfort/Hesse. Outre Fribourg, des bureaux du Syndicat ont également été ouverts à Leipzig et Tübingen. Les rencontres régionales du Syndicat sont des lieux d’échange pour les projets et les nouvelles initiatives, et des conseillers volontaires sont présents dans presque toutes les régions d’Allemagne.

Il a été décidé lors de l’assemblée générale du Syndicat de Francfort, en 2003, de renoncer au plan initial de créer des Syndicats régionaux autonomes à moyen terme. L’élément fédérateur que constitue le Mietshäuser Syndikat ne sera pas abandonné, mais plutôt élargi et étendu par des structures régionales. La raison de ce choix tient dans le constat qu’il est vivifiant et stimulant de sortir le nez hors de son projet, de son quartier, de sa région. La croissance continue du Syndicat et de la taille des assemblées générales sont perçues par certains comme un facteur d’anonymat auquel ils répondent par le souhait de conserver des structures à taille humaine à côté de la fédération nationale. Le développement de structures régionales est ainsi à nouveau un sujet de première importance.

Croissance et limites

Quelle taille doit atteindre le réseau du Syndicat ? Y-a-t-il une limite ? 50, 100, 1000 projets ? Y-a-t-il une taille optimale ? Nous ne le savons pas, mais allons l’expérimenter. Avec cette organisation extrêmement décentralisée autour de projets autonomes, le danger d’une concentration de pouvoir au sein du Syndicat est relativement maigre et des structures locales peuvent se développer sans problème selon les besoins et les intérêts. Toutes et tous se réjouissent de chaque nouveau projet, de chaque nouveau lieu qui est soutiré au marché immobilier, permettant ainsi non seulement de freiner la spéculation et la marchandisation des biens, mais également de mettre les individus sur le chemin de l’autogestion.
C’est pourquoi nous sommes par principe ouverts à tout nouveau projet, et à toute demande venant de l’étranger. Cependant, passer les frontières nécessite de „traduire“ les structures du Syndikat, les règles du droit étant différentes selon les pays. En ce moment, des personnes en Autriche (habiTAT), au Pays-Bas (Vrijcoop) et en France (Le Clip) construisent leur propre Miethäuser Syndikat et des initiatives se dessinent en Espagne. Ce n’est donc qu’une question de temps pour que les premiers projets y voient le jour.

Le principe qui guide notre action et qui est ancré dans les statuts du Syndicat est la règle universelle du droit au logement pour toutes et tous. Plutôt que de laisser les projets se replier sur soi à l’intérieur de leurs maisons, le Syndicat les fédère et les incite à rester ouverts aux autres et il n’y a pas de réel motif à limiter cette ouverture à une région ou à un pays. Le transfert solidaire doit permettre un rééquilibrage entre ceux qui disposent d’un excédent de ressources et ceux qui en manquent, et ce sans considération pour des limitations géographiques. Il s’agit d’un programme politique contrastant fortement avec les formes classiques d’investissement capitaliste, qui, à travers les intérêts, accumulent des gains représentant plusieurs fois l’apport initial.

À qui appartient la ville ?

En fait, nous ne devrions même pas exister car nous transgressons les principes fondamentaux du marché : la recherche du profit, la valorisation du capital et l’acquisition de biens font office de valeurs incontournables de toute entreprise économique. Mais nous sommes là – Syndicat et projets – et nous sommes parmi eux. Nous évoluons dans les eaux troubles des villes entre les fauves et les requins que sont les promoteurs, les constructeurs, les propriétaires, les banquiers et les fonctionnaires. Dans ce combat contre la marginalisation et le déplacement des plus démunis, nous les concurrençons pour l’acquisition de parcelles et terrain et jouons un Monopoly grandeur nature. Nous travaillons avec zèle à l’extension du Syndicat. Avec chaque nouveau projet, c’est un nouveau bien immobilier qui est soustrait au marché pour être définitivement transformé en bien commun (« Commons »).

Soutenez-nous !

La croissance du Syndicat est directement conditionnée à l’arrivée nouveaux individus qui veulent promouvoir l’idée du Syndicat et qui sont pour cela disposés à assumer une partie du travail – la masse de travail augmente effectivement proportionnellement à la taille du syndicat. Le réseau du Syndicat n’existe qu’au travers de celles et ceux qui le soutiennent.

Une adhésion au Mietshäuser Syndikat est encore le meilleur moyen de nous soutenir – que ce soit par un engagement actif ou plus simplement en participant aux assemblées pour voter et y observer de façon critique l’évolution du Syndicat. Intéressé ? Alors contacte notre bureau !